• Barbara l'impossible oubli.

     » Je suis morte depuis longtemps », glissait-elle au détour d’une conversation, sur un ton badin et faussement désinvolte. On l’a tuée bien jeune! Elle avait une dizaine d’années. Le meurtrier?


    Son père. Celui dont le comportement vient chaque jour d’avantage troubler la gamine. Elle en a peur. A juste titre. 1941, la guerre, Tarbes, ville des larmes et de plomb. En un éclair, son  » univers bascule dans l’horreur ». Mais elle se tait et porte en elle ce  » terrible secret » comme un poison. Durant l’été 1946, sur la côte bretonne, ces  » choses peu anodine » recommencent. Cette fois, elle n’y tiens plus.


    Elle saute sur un vélo et fonce à la gendarmerie. On l’écoute, ça oui! Mais elle n’est pas majeure et le brigadier ne peut rien faire d’autre que de la confier au très respectable… Monsieur Serf, qui se désole du penchant de sa fille pour l »affabulation » et s’excuse de cette fâcheuse confusion auprès de la maréchaussée.



    Seconde humiliation. Des deux, laquelle est la pire?  » Il me ramène à la maison, je le hais », écrira t-elle au soir de sa vie d’artiste. Et puis, Jacques s’en va. Long silence, jusqu’à ce coup de téléphone du 21 décembre 1959:  » Votre père… il a eu un accident… il se trouve à l’hôpital Saint-Jacques, à Nantes, et vous réclame! » Elle arrivera trop tard.  » A t-il partout trainé le remords de son crime? », s’interroge t-elle.

     

    Un crime auquel elle ne donnera pas de nom dans ses mémoires interrompus. Juste quelques mots posés  » du bout des lèvres, du bout du coeur » sur une déchirure. « Pas le genre à donner de l’importance aux choses qui en ont trop », dira juliette Gréco. L’essentiel est ailleurs. Dans les sombres éclats des variations que  » ces hautes turbulences » lui ont inspirés: Nantes, au coeur de la nuit, l’Aigle noir. De la blessure à l’allégeance. A l’impossible oubli.


    L’oiseau de nuit meurtri: de sa voix fragile, la  » Dame brune » se raconte à demi-mots. Son répertoire dévoile avec pudeur et élégance ses peurs, ses chagrins et ses amours. Confidences sur le clavier d’une artiste écorchée vive, hantée par de nombreux démons- la guerre, l’inceste-dont elle tentera de se délivrer à la faveur de ses partitions. 1930: Monique Serf naît à Paris le 9 juin. 1948: Choriste à Mogador. 1954: Premier vrai récital à Bruxelles. 1960: Grand prix du disque Charles-Cros. 1969: Premier Olympia. 1997: Décède le 24 novembre à Paris.

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