• La forêt et le bucheron. ( fable).

    •  Un bûcheron venait de rompre ou d’égarer
      Le bois dont il avait emmanché sa cognée.
      Cette perte ne put sitôt se réparer
      Que la forêt n’en fût quelque temps épargnée.
      L’homme enfin la prie humblement
      De lui laisser tout doucement
      Emporter une unique branche,
      Afin de faire un autre manche:
      Il irait employer ailleurs son gagne-pain;
      Il laisserait debout maint chêne et maint sapin
      Dont chacun respectait la vieillesse et les charmes.
      L’innocente forêt lui fournit d’autres armes.
      Elle en eut du regret. Il emmanche son fer:
      Le misérable ne s’en sert
      Qu’à dépouiller sa bienfaitrice
      De ses principaux ornements.
      Elle gémit à tous moments:
      Son propre don fait son supplice.
       » Voila le train du monde et de ses sectateurs;
      On s’y sert du bienfait contre les bienfaiteurs.
      Je suis las d’en parler. Mais que de doux ombrage.
      Soient exposés à ces outrages,
      Qui ne se plaindrait là-dessus?
      Hélas! J’ai beau crier et me rendre incommode,
      L’ingratitude et les abus
      N’en seront pas moins à la mode.
      Jean de la Fontaine.La forêt et le bucheron. dans Fable img_1328-300x225
      photo de José.
    « Spalax occidental, Rat-taupe.Maurice Careme. »
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