• Musardises( Edmond Rostand)

     C’est un petit chat noir effronté comme un page,
    Je le laisse jouer sur ma table souvent,
    Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
    On dirait un joli presse-papier vivant.
    Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge;
    Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
    A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
    Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.
    Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
    Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
    Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
    Quand on met devant lui la soucoupe de lait.
    Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
    Le frôle, puis, à coups de langue très petits,
    Il le happe; et dès lors il est a son affaire
    Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.
    Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
    Et ne relève enfin son jolie museau plat
    Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
    Partout, bien proprement débarbouillé le plat.
    Ses yeux jaunes sont comme deux agates.
    Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
    Se reverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
    Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.Musardises( Edmond Rostand) dans poeme IMG_1364-300x225

    « anagiwara Yasu-Ko ( 1783-1866.)Verlaine. »
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