• Oscar Wilde.

    Hélas.
    Etre entraîné à la dérive de toute passion
    jusqu’à ce que mon âme devienne
    un luth aux cordes tendues dont
    peuvent jouer tous les vents.

    C’est pour cela que j’ai renoncé à
    mon antique sagesse,
    à l’austère maîtrise de moi-même.
    A ce qu’il me semble,
    ma vie est un parchemin sur lequel
    on aurait écrit deux fois,
    ou en quelque jour de vacances,
    une main enfantine aurait griffonné
    de vaines chansons pour
    la flûte ou le virelai,
    sans autre effet que de profaner
    tout le mystère.
    Sûrement il fut un temps ou j’aurais
    pu fouler les hauteurs ensoleillées,
    ou parmi les dissonances de la vie,
    j’aurais pu faire vibrer une corde assez
    sonore pour monter jusqu’à
    l’oreille de Dieu!
    Ce temps là est-il mort?
    Hélas!
    Faut-il  que pour avoir seulement effleuré
    d’une baguette légère le miel de la romance,
    je perde tout le patrimoine dû à une âme.

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