•  Les Levantins en leur légende
    Disent qu’un certain rat , las des soins d’ici-bas,
    Dans un fromage de Hollande
    Se retira loin du tracas.
    La solitude était profonde,
    S’étendant partout à la ronde.
    Notre ermite nouveau subsistait là dedans.
    Il fit tant de pieds et de dents,
    Qu’en peu de jours il eut au fond de l’ermitage
    Le vivre et le couvert: que faut-il d’avantage?
    Il devint gros et gras: Dieu prodigue ses biens
    A ceux qui font voeux d’être siens.
    Un jour, au dévot personnage
    Des députés du peuple rat
    S’en vinrent demander quelque aumône légère:
    Ils allaient en terre étrangère
    Chercher quelque secours contre le peuple chat;
    Ratopolis était bloquée:
    On les avait contraints de partir sans argent,
    Attendu l’état indigent
    De la république attaquée.
    Ils demandaient fort peu, certains que le secours
    Serait prêt dans quatre ou cinq jours.
    Mes amis, dit le solitaire,
    Les choses d’ici-bas ne me regardent plus:
    En quoi peut un pauvre reclus
    Vous assister? que peut -il faire
    Que de prier le Ciel qu’il Vous aide en ceci?
    J’espère qu’il aura de vous quelque souci.
    Ayant parlé de cette sorte,
    Le nouveau saint ferma sa porte.
    Jean de la Fontaine
    Qui désigné-je, à votre avis,
    Par ce rat si peu secourable?
    Un moine? Non, mais un dervis:
    Je suppose qu’un moine est toujours charitable.
    ( Dervis: Religieux Mahométan).
    « Levantin, les peuples du levant, les Orientaux.
    Ratopolis: nom plaisamment composé, qui signifie
    ville des rats.)
    Jean de la Fontaine.

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  • Chargés de la puissance magique du cercle, les anneaux font également partie des objets employés dans la magie amoureuse. Au-delà de l'alliance, qui symbolise l'union des époux, les magiciens fabriquent des bagues et des anneaux destinés à ensorceler l'être aimé. Mettre la bague au doigt, au sien ou à celui de la personne convoité, prend alors un tout autre sens. Dans son livre sur les sortilèges ( vers 1526),
    Paul Grilland rapporte qu'il :" se trouve des filles qui, pour être mariées dans l'an et avoir un mari à leur gré, prennent de vieux clous tombés par hasard des fers d'un cheval dans un territoire étranger, en font faire un anneau le vendredi pendant la messe", Elles récitent ensuite l'Evangile, chaque jour de l'année, sur cet anneau qu'elles portent à la main gauche. Un siècle et demi plus tard, Jean-Baptiste Thiers écrit,
    dans son traité des superstitions ( 1679), que certains hommes font des anneaux de jonc ou de " quelque autre matière, vile ou précieuse", qu'ils glissent au doigt des filles ou des femmes dont ils veulent se faire aimer. Il précise que ce procédé fut expressément condamné par l'évêque de Salisbury,
    Richard Poore, dans ses ordonnances de l'an 1217. Cependant, comme toujours, l'interdiction de l'église n'abolira ni la fabrication ni l'usage de ces anneaux magiques, qui resteront très en vogue dans le milieu aristocratiques.
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  • Selon une vieille superstition,
    le premier oiseau que voyait une
    jeune fille le 14 février donnait
    des indices sur son
    futur mari: un rouge-gorge et ce serait un marin.

    Un moineau présageait un mariage heureux
    avec un homme peu fortuné.
    Un chardonneret indiquait un mariage avec un homme riche.
    C'est pour cela que le jeunes filles

    Superstition de la s Valentin.

    d'autrefois observaient les oiseaux le jour de la Saint-Valentin. 

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    •  Un bûcheron venait de rompre ou d’égarer
      Le bois dont il avait emmanché sa cognée.
      Cette perte ne put sitôt se réparer
      Que la forêt n’en fût quelque temps épargnée.
      L’homme enfin la prie humblement
      De lui laisser tout doucement
      Emporter une unique branche,
      Afin de faire un autre manche:
      Il irait employer ailleurs son gagne-pain;
      Il laisserait debout maint chêne et maint sapin
      Dont chacun respectait la vieillesse et les charmes.
      L’innocente forêt lui fournit d’autres armes.
      Elle en eut du regret. Il emmanche son fer:
      Le misérable ne s’en sert
      Qu’à dépouiller sa bienfaitrice
      De ses principaux ornements.
      Elle gémit à tous moments:
      Son propre don fait son supplice.
       » Voila le train du monde et de ses sectateurs;
      On s’y sert du bienfait contre les bienfaiteurs.
      Je suis las d’en parler. Mais que de doux ombrage.
      Soient exposés à ces outrages,
      Qui ne se plaindrait là-dessus?
      Hélas! J’ai beau crier et me rendre incommode,
      L’ingratitude et les abus
      N’en seront pas moins à la mode.
      Jean de la Fontaine.La forêt et le bucheron. dans Fable img_1328-300x225
      photo de José.
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  •  On conte qu'un serpent, voisin d'un horloger
    ( C'était pour l'horloger un mauvais voisinage)
    Entra dans sa boutique,et, cherchant à manger,
    N'y rencontra pour tout potage
    Qu'une lime d'acier qu'il se mit à ronger.
    Cette lime lui dit, sans se mettre en colère:
    Pauvre ignorant! Et que prétends-tu faire?
    Tu te prends à plus dur que toi,
    Petit serpent à tête folle:
    Plutôt que d'emporter de moi
    Seulement le quart d'une obole,
    Tu te romprais toutes les dents.
    Je ne crains que celles du temps.
    ( Ceci s'adresse à vous, esprit du dernier ordre,
    Qui, n'étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre.
    Vous vous tourmentez vainement.
    Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages
    Sur tant de beaux ouvrages?
    Ils sont pour vous d'airain, d'acier, de diamant).
    Jean de la Fontaine.

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  •  Un baudet chargé de reliques
    s’imagina qu’on l’adorait:
    Dans ce penser il se carrait,
    Recevant comme siens l’encens et les cantiques.
    quelqu’un vit l’erreur,et lui dit;
    Maître baudet, ôtez-vous de l’esprit
    une vanité si folle.
    Ce n’est pas vous, c’est l’idole
    A qui cet honneur se rend,
    Et que la gloire en est due.
     » d’un magistrat ignorant
    C’est la robe qu’on salue »
    Jean de la Fontaine.

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  • Le Lion,Le Singe, et les deux Anes. fable.

    Le lion, pour bien gouverner,

    Voulant apprendre la morale,

    Se fit, un jour, amener

    Le singe, maître ès arts chez la gent animale.

    La première leçon que donna le régent

    Fut celle-ci: Grand roi, pour régner sagement,

    Il faut que tout prince préfère

    Le zèle de l’Etat à certain mouvement

    Qu’on appelle communément

    Amour-propre; car c’est le père,

    C’est l’auteur de tous les défauts

    Que l’on remarque aux animaux.

    Vouloir que de tout point ce sentiment vous quitte,

    Ce n’est pas chose si petite

    Qu’on en vienne à bout en un jour:

    C’est beaucoup de pouvoir modérer cet amour.

    Par là votre personne auguste

    N’admettra jamais rien en soi

    De ridicule ni d’injuste.

    Donne-moi, repartit le roi,

    Des exemples de l’un et l’autre.

    Toute espèce, dit le docteur,

    Et je commence par la nôtre,

    Toute profession s’estime dans son coeur,

    Traite les autres d’ignorantes,

    Les qualifie impertinentes;

    Et semblables discourt qui ne coûtent rien.

    L’amour-propre, au rebours, fait qu’au degré suprême

    On porte ses pareils; car c’est un bon moyen

    De s’élever aussi soi-même.

    De tout ce que dessus, j’argumente très bien

    Qu’ici-bas maint talent n’est que pure grimace,

    Cabale, et certain art de se faire savoir.

    L’autre jour, suivant à la trace

    Deux ânes qui, prenant tour à tour l’encensoir,

    Se louaient tour à tour, comme c’est la manière,

    J’ouïs que l’un des deux disait à son confrère:

    Seigneur, trouvez-vous pas bien injuste et bien sot

    L’homme, cet animal si parfait? Il profane

    Notre auguste nom,, traitant d’âne

    Quiconque est ignorant, d’esprit lourd, idiot:

    Il abuse encore d’un mot,

    Il traite notre rire et nos discours de braire.

    Les humains sont plaisant de prétendre exceller

    Par-dessus nous!Non!, non; c’est à vous de parler,

    A leurs orateurs de se taire:

    Voila les vrais braillards. Mais laissons là ces gens,

    Vous m’entendez, je vous entends;

    Il suffit. Et quand aux merveilles

    Dont votre divin chant vient frapper les oreilles,

    Philomèle est, au prix, novice dans cet art:

    Vous surpassez Lambert. L’autre baudet repart:

    Seigneur, j’admire en vous des qualités pareilles.

    Ces ânes, non contents de s’être ainsi grattés,

    S’en allèrent dans les cités

    L’un l’autre se prôner: chacun d’eux croyait faire,

    En prisant ses pareils, une fort bonne affaire,

    Prétendant que l’honneur en reviendrait sur lui.

    « J’en connais beaucoup aujourd’hui

    Non parmi les baudets, mais parmi les puissances,

    Que le Ciel voulut mettre en de plus hauts degrés,

    Qui changeraient entre eux les simples excellences,

    S’ils osaient, en des majestés.

    J’en dis peut-être plus qu’il n’en faut, et suppose
    Que votre Majesté gardera le secret.
    Elle avait souhaité d’apprendre quelque trait
    Qui lui fit voir, entre autre chose,
    L’amour-propre donnant du ridicule aux gens.
    L’injuste aura son tour: il y faut plus de temps.
    Ainsi parla ce singe. On ne m’a pas su dire
    s’il traita l’autre point; car il est délicat,
    Et notre maître es arts, qui n’était pas un fat,
    Regardait ce lion comme un terrible sire.
    Jean de la Fontaine.

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